OGM : Persiste et signe…

Selon un avis rendu le 11 février dernier par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), le maïs transgénique MON 810 ayant fait l’année dernière l’objet d’une mesure d’une interdiction de culture par le gouvernement serait sans danger… La question est d’importance puisqu’elle n’est pas sans conséquence aussi bien sur le plan du principe de précaution s’agissant de la santé publique qu’un point de vue économique. Si le gouvernement, en se basant sur cet avis, autorisait à nouveau la culture du MON 810, ce serait d’ors et déjà d’après les experts un potentiel de 200.000 hectares de terre en France pouvant être mis en exploitation.

MON 810…
Développé par la firme américaine Monsanto, ce maïs transgénique permet par la modification de son génome de produire une molécule insecticide visant à détruire les chenilles de la pyrale et de la sésamie, les principaux insectes destructeurs de la plante. Présenté comme totalement sans danger pour l’environnement et la santé (humaine et animale) par les agronomes de Monsanto, ce n’est pas l’avis de certains biologistes indépendants.

Les scientifiques le disent…
Si l’on n’a jamais aujourd’hui trouvé personne ayant été nourri directement ou indirectement par du maïs transgénique présentant directement des troubles de santé, on est loin du caractère d’inocuité concernant certains animaux de laboratoire. Ainsi plusieurs études récentes ont montré que les souris nourries par du maïs 810 présentaient d’importantes modifications de protéines impliquées dans la fabrication de leurs cellules immunitaires (Institut Nationale de Recherche sur l’alimentation de Rome) faisant ainsi varié leur quantité dans le sang, mais aussi connaissaient des troubles de de fertilité et de croissance (Université de Médecine Vétérinaire de Vienne, Dr Jürgen Zentek) avec des modifications substantielles de la taille de certaines organes. En France le professeur Seralini de l’université de Caen a fait des constatations similaires en insistant sur le caractère excessivement mutant des gènes modifiés impliqués dans les plantes transgéniques. Si aujourd’hui l’avis de l’Afssa, qui n’a pas encore été rendu publique, va à l’encontre de ce que la communauté scientifique a observé, on peut se poser la question de la fiabilité de celle-ci en la matière concernant la santé des consommateurs et surtout de quelles preuves (ou plutôt absence de preuves) s’est-elle servies pour étayer son jugement dans la mesure où, pour trouver chez l’homme les dégâts observés chez les animaux de laboratoire, il faudrait pratiquer des dissections massives ! Ajoutons aussi, pour la mémoire, que le radium était dans les années trente du siècle précédent présenté sans danger, même bénéfice pour la santé public et vendu comme adjuvent dans certains aliments… Il est vrai qu’il ne tuait pas tout de suite ! Continue Reading »

Kouchner : l’humanitaire en bas de soie

bernard-kouchner-fadela-amaraLa récente publication du livre de Pierre Péan ayant pour cible Bernard Kouchner et la polémique suscitée montrent que l’on peut être à la fois ange et démon, le premier exerçant sur le plan médiatique et le second, nécessairement plus obscur, d’un point de la gestion patrimoniale d’un fonds de commerce. Le concernant c’est sans doute l’histoire de sa vie, sa faiblesse érigée en système, son appétit pathologique d’honneurs et d’argent incompatible avec ses postures donneuses de leçon en matière de morale et de droits de l’homme. Conflit d’intérêt donc, pas seulement sous l’acception juridique du terme mais surtout entre conscience et cupidité.

Les chiffres mis à jour liés à des encaissements de factures (plus de deux millions d’euros selon Péan) issues de sociétés avec lesquelles Bernard Kouchner a collaboré ou qu’il a lui-même créées paraissent énormes face aux difficultés financières de bon nombre d’entre nous et abyssales lorsqu’il s’agit de la pauvreté des populations africaines pour lesquelles ces prestations étaient destinées (mise en place d’un système de sécurité sociale au Gabon par exemple). Si l’on peut considérer logique que tout un chacun puisse vivre de l’exercice de ses compétences même au prix fort, il est certainement discutable que la mise en avant d’une notoriété liée à la défense des victimes soit vendue au plus offrant, au mépris d’une réelle implication vis à vis d’elles. Du parcours de Bernard Kouchner, une vie déjà très longue comme il le dit lui-même, les exemples sont nombreux mêlant une réelle volonté d’agir mais saccagé par ses «arrangements» avec sa conscience. On en extirpera deux, seulement deux mais  suffisamment significatifs pour illustrer le propos.

Le Kosovo ou le jude box…
Rappelons les faits. En juillet 1999 Bernard Kouchner est nommé haut représentant de l’ONU et administrateur du Kosovo suite à une résolution du conseil de sécurité. Sa mission est d’organiser l’assistance humanitaire, l’administration civile, l’économie et de réorganiser les institutions du pays dans le respect de ses diverses communautés. Il y restera jusqu’en janvier 2001, quittant ce poste à sa demande. On peut dire quelques mots de son bilan, objectivement mitigé. Fort critiqué par la mise en scène constante de son action, son narcisisme et sa mégalomanie, il put néanmois accompagner la reconstruction du pays par la mise en place de nouvelles administrations et l’organisation d’élections locales mais il laissa la main à ceux qui persécutèrent les Serbes et plus de 200.000 d’entre eux durent fuir le pays. Il faut se remettre dans le climat local d’après-guerre, la misère et la ruine pour se souvenir et juger d’une conférence de presse qu’il tint quelques temps après son entrée en fonction, sans doute oubliée de tous, mais révélatrice où celui-ci annonça sans vergogne qu’il se mettait en grève tant que l’ONU ne lui verserait pas ses émouluements !

Total(e) soumission
La scène se passe la veille du Noël 2003. Bernard Kouchner vient d’apprendre que son rapport sur le rôle de Total en Birmanie a été remis à la justice par les avocats de la compagnie pétrolière dans le cadre de la plainte déposée par des victimes birmanes du travail forcé au cours de la construction du gazoduc. Cette nouvelle le consterne car ce rapport commandé pour dédouaner Total de toutes implications dans les crimes commis, et ils sont nombreux, peut devenir explosif entre les mains des avocats de la partie adverse. Revenons un peu en arrière. Ses premiers contacts avec la réalité birmane remontent à décembre de l’année précédente au cours d’un voyage, accompagnant son épouse Christine Ockrent venue rencontrer  Aung San Suu Kyi pour un article à publier dans la presse féminine. A l’époque celle-ci est encore libre de ses contacts et elle déclarera à la journaliste que « l’opposition refuse toute forme d’aide qui ne profiterait qu’à la clique au pouvoir » visant aisni directement la compagnie Total, installée depuis une dizaine d’années et versant à la junte l’argent de sa survie politique et de son enrichissement. A leur retour, l’un des avocats de Total, Jean Veil, fils ainé de Simone Veil prend contact avec Kouchner pour commander au nom de son client une mission d’enquête. Pour s’exécuter il crée un société »BK Conseil» “Jean Veil m’a demandé une enquête sur le volet médico-social de Total en Birmanie et j’ai accepté”, expliquera plus tard l’actuel ministre des affaires étrangères. Durant quatre jours -pas un de plus- du mois de mars 2003, il retourne en Birmanie, visite le site du gazoduc et rencontre quelques salariés du groupe. Puis il rédige son rapport  (une vingtaine de pages toujours disponibles sur le site internet de Total)  rendu public en septembre de la même année. La lecture en est aisée. C’est un plaidoyer pour le pétrolier, justifiant sa présence dans le pays et lui donnant l’absolution pour tous reproches qui pourraient lui être faits d’un point de vue de sa spécialité : la défense des droits de l’homme et des victimes. Qui plus est, il explique que Total a beaucoup fait pour le pays en terme d’équipements sanitaires et scolaires ! Bien entendu c’est un tollé de la part des différentes associations et ONG impliquées dans la lutte contre la dictacture. Il n’en a rencontré aucune, lui pourtant le créateur de Médecins sans Frontières ! Bon, il expliquera, malgré ce que disent ces ONG, qu’il n’ôtera pas une seule ligne de son rapport qu’il ne l’a pas rédigé pour des raisons financières. Persiste et signe donc. Rémunéré officiellement 25 000 euros pour 4 jours de visite, beaucoup plus selon certains (on a évoqué un montant de 200.000 euros via des sociétés du groupe en Afrique). Laissons parler Htoo Chit, figure des démocrates birmans en France, lorsqu’il dit que “ce rapport biaisé cherche à faire croire que la présence de Total en Birmanie est positive”. Cet opposant à la dictature aide depuis longtemps les réfugiés birmans, dont certains ont fuit la zone du gazoduc, installés dans des camps le long de la frontière thaïlandaise. “Pourquoi M. Kouchner ne les a-t-il pas visités ? ajoute-il. Pourquoi avoir refusé de voir la réalité du travail forcé, incluant celui d’enfants ? M. Kouchner a balayé du revers de la main la réalité de cet esclavage de centaines de Birmans avec un argument incroyable : les tuyaux du pipeline seraient trop lourds pour être portés par des enfants… Mais pourquoi ne pas avoir expliqué que le travail forcé avait été utilisé pour nettoyer le site du gazoduc, couper des arbres, creuser des tranchées et porter les équipements des ouvriers et des soldats ?”

Cette réalité là, il est bien certain que Bernard Kouchner ne peut l’ignorer, de même qu’il ne peut méconnaître que l’argent du gaz finance les armes de la répression. En d’autres temps il aurait été, avec le talent qu’il faut lui reconnaître, le pourfendeur des compagnies telles que Total qui remisent toutes éthiques lorsqu’il s’agit de pérenniser leurs profits, quitte à être complices de la brutalité et la tyrannie.

Droit de l’hommisme : un fonds de commerce comme un autre
L’homme qui recueille encore la meilleure popularité en France et sait choisir ses amis, tels que Nicolas Sarkozy ou Philippe Val de Charlie Hebdo a des goûts de luxe et un train de vie princier.  D’autres font des affaires ou de la politique mais il a choisi une voie bien curieuse pour y accéder puisqu’il se veut l’apôtre des victimes et le V.R.P des droits de l’homme. Et c’est de cet endroit sensible de sa personne qu’il tient sa soif de sacralisation, celle que refusent toutes ces petites mains de l’humanitaire œuvrant sans souci du paraitre et de la possession, en Afrique ou en Asie et qui lui donnent toute sa grandeur. Cette matière là, qu’on pensait non monnayable, a maintenant un prix : celui payé par les clients de Bernard Kouchner…

Jean-Philippe Demont-Pierot

Patrick Besson : Phénoménologie de l’animal…

Animal politique, bien-sûr. Forme assez aboutie de la figure de l’ambitieux, doté d’instinct, capable de trahir et d’aller au plus haut. La France en a connu de sublimes, quelquefois compétents et somme toute qui surent servir leur pays. La formule s’applique-t-elle à Eric Besson, bientôt ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale ? Après ces quelques mois en tant qu’obscur secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Economie numérique, on peut imaginer sa satisfaction d’être ainsi promu. Mais la formule s’applique-t-elle vraiment le concernant ? Doit-on seulement garder le nom sans l’adjectif ? Non, Patrick Besson n’est pas un animal, c’est un être humain, comme vous et moi. Pas tout à fait pourtant…

Une carrière exemplaire :
C’est en 1993 qu’il rejoint le Parti Socialiste. Epoque singulière. C’est la fin des années Mitterrand et le gouvernement Bérégovoy perd les élections législatives, ouvrant cette période de l’avènement de Balladur et ses rêves de grandeur. Celui qui avait échoué au concours d’entrée à l’ENA a-t-il alors décidé d’être un militant exemplaire, entrant par la petite porte dans un parti à la recherche de nouveaux repères et sans vrais leaders ? Sans doute, les choix engageants sont toujours de bonne conscience, en tous cas apparaissent-ils ainsi, même avec les perspectives et ambitions cachées dans le creux des âmes. Et ce fut pour Eric Besson fort judicieux. Après s’être frotté au journalisme comme rédacteur du magazine Challenges puis à la lutte contre l’exclusion au sein de la fondation Vivendi, O.N.G qui fit tant pour les petits épargnants, il devint deux ans plus tard maire de Donzère dans la Drôme, puis député dans la foulée. En 2003, il rejoint le bureau national du Parti Socialiste en qualité de secrétaire national chargé de l’économie et de l’emploi, et pressenti un temps pour remplacer Hollande à la tête du parti. Beau parcours, à l’orée de l’élection présidentielle de 2007 pour celui qui est resté fidèle à Jospin et qui œuvre pour qu’il se représente, malgré la décision de ce dernier de se retirer, déclaration vite regrettée mais jetée comme une gifle à ses électeurs le soir de sa défaite. Continue Reading »

ITV par Info Birmanie Mag

En octobre dernier, Info Birmanie a interviewé Jean Philippe Demont-Piérot pour son journal en ligne au sujet de son roman “Réchauffement Climatique ” A lire pour comprendre en quoi ce livre est la pierre angulaire de notre opération Birmanie : un Livre pour Vivre et qu’il est important qu’il soit commandé par ceux qui le peuvent pour financer nos actions. Pour nous rejoindre et/ou commander en ligne, cliquez sur la page de notre groupe Birmanie : un livre pour vivre…

Sur Facebook

Info Birmanie : D’où vous vient cette passion pour la Birmanie, qu’on
perçoit à la lecture de votre ouvrage?

J.P.Demont-Pierot : J’ai vécu pendant près de dix ans en Asie du Sud-est
et je connais tous les pays de la région dont fait partie la Birmanie.
J’ai déjà écrit un roman publié chez l’Harmattan dont l’action se
situe au Cambodge et il m’est apparu nécessaire dans mon travail
de romancier de traiter par la fiction la situation faite au
peuple birman.

IB : L’écriture de ce roman procède-t-elle d’un choix militant ?

JPDP : Militant je ne sais pas, mais un choix nécessaire oui. Je suis
persuadé que la fiction permet d’aller au-delà des réalités virtuelles,
d’aller au plus profond du spectacle du monde offert par les médias.
Nous vivons des temps difficiles et mes personnages du fait de
ce qu’ils vivent, ce qu’ils éprouvent proposent des clés
de compréhension suscitant, peut-être, des prises de conscience.
De ce point de vue la vie to

ute entière de chaque être humain
est un acte de militantisme !

IB : Quelle est la visée de votre ouvrage ? Quels sont les principaux
messages que vous avez voulu faire passer ?

JPDP : Il n’y a pas de messages proprement dit et les lecteurs sont
suffisamment intelligents pour prendre ce qu’ils veulent de la lecture
d’un livre et surtout lorsqu’il s’agit d’un roman. C’est la vie
de mes personnages, des gens comme vous et moi, pris dans
leurs contradictions, leur lâcheté pour certains et je pense à
Nicolas Renan le personnage central du livre, leur détermination,
celle de Marie la journaliste d’investigation qui va au bout
de ses engagements, la vie des birmans et des Karens, la petite
prostituée Taya et son frère recherché par la police birmane et
donc tous deux réfugiés en Thaïlande… Mais aussi la vie et le
comportement des hommes de l’ombre de l’industrie pétrolière
que l’on voit dans les scènes se déroulant à Paris et à Genève.
Ce ne sont pas des messages mais l’expression du monde actuel.
Ces personnages sont porteurs de vérités universelles, les
épreuves, la rédemption et l’espérance.

IB : Réchauffement climatique est une charge directe vis-à-vis
de Total. Pouvez-vous éclairer nos lecteurs sur les sources
d’informations qui vous ont permis de documenter la présence
de Total et les méfaits sociaux et environnementaux
constatés lors de la construction du gazoduc ? Quelle est la
part de fiction, et la part de réalité dans ce qui est décrit ?

JPDP : Un roman n’est pas un procès et l’auteur que je suis n’est pas un
procureur apportant des charges visant à déterminer une culpabilité.
Mais mon roman expose des faits, c’est déjà pas mal !
Concernant Total et sa présence en Birmanie, c’est un choix
stratégique et économique de ses dirigeants en toute
connaissance de cause. Ce que je décris vis-à-vis de cette
compagnie n’est nullement fictionnel. Il y a des témoignages directs,
le travail des ONG, de la ligue des droits de l’homme. Ce sont
des fais avérés et des chiffres concrets, comme par exemple, le
montant annuel des versements faits à la junte, officiellement de
l’ordre de 300 millions de dollars, officieusement près du milliard.
Quand on sait que le budget annuel de l’armée birmane de
l’ordre de 700 millions de dollars, on ne se pose la question de
savoir qui la finance…

IB : Quel regard portez-vous sur les procès en France et en Belgique
contre Total ?

JPDP : Je connais bien la personne en France qui fut à l’origine des
procédures contre Total en France. Une femme qui est médecin,
courageuse et qui a été sur place recueillir des témoignages
pour le travail forcé, l’esclavagisme pour parler concrètement.
Pour éviter une condamnation, Total a sorti son chéquier et a
donné des dédommagements aux victimes. N’est-ce pas l’aveu
d’une culpabilité ?

IB : La Birmanie est aujourd’hui victime d’une politique d’exploitation
déraisonnée de ses ressources minérales, Nicolas
le héros de votre histoire, se rend d’ailleurs en Birmanie
pour enquêter sur la déforestation. Comptez-vous dénoncer
dans vos prochaines productions le problème du pillage du
teck, ou d’autres ressources naturelles comme le jade et le
rubis ?

JPDP : Je vais malheureusement quitter la Birmanie mais je ne serai pas
loin, au Vietnam avec l’agent orange… D’une certaine façon mon
prochain roman est donc encore sur une préoccupation écologique
puisqu’il s’intéressera à Monsanto, aux OGM, à l’agent orange mais
cette histoire ira bien au-delà, jusqu’à Auschwitz…

IB : Vous prônez sur votre blog une littérature de solidarité.
Pourriez-vous revenir sur ce concept ?

JPDP : Oui, littérature de solidarité… Comme le furent Germinal de
Zola, les Misérables de Victor Hugo et les Raisins de la colère
de Steinbeck. Là je parle en qualité de lecteur car ce serait
présomptueux de se hisser à ces géants de la littérature.
Je n’invente pas de concept nouveau car la littérature, selon moi,
a cette part de noblesse : lancer un cri d’amour pour les autres, ceux
qui souffrent, et donc de témoigner. (ITV octobre 2008)

Gaza : la paix est-elle soluble dans le sang ?

Ce que nous montrent nos écrans TV, des images implacables, sang, terreur, enfants déchirés, hurlements de douleur, cadavres déjà souillés que l’on traine à l’hôpital. Bref, une cohorte d’horreurs jetées à nos visages, celles d’une guerre semblable à toutes les guerres suscitant pour nos esprits l’incompréhension, le dégoût et le désir que cela cesse. Alors on se tourne sans conviction vers les protagonistes. D’un côté, le gouvernement israélien expliquant que cette opération militaire vise l’éradication du Hamas, “mouvement terroriste”, suivant ainsi la doctrine officielle des diplomaties du monde occidental, et faisant donc œuvre utile.

Puis ce que disent en écho les dirigeants de cette organisation palestinienne avec son crédo : en vrac, la trahison des pays arabes et du Fatah, la lutte contre l’oppression et le piétinement par Israël et les grandes puissances, Etats-Unis en tête, des droits légitimes d’un peuple à l’existence. Sans oublier les déclarations de l’administration américaine actuelle qui vient de bloquer encore une fois une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU visant à un arrêt des combats, et les péroraisons du président Sarkozy, dont la tendance est d’exploiter sans cesse toute situation pouvant l’auréoler de gloire télévisuelle.

Si cela s’impose comme des vérités immédiates, rien ne peut susciter l’espoir de la fin du martyr des Palestiniens et l’on reste médusé sur ce qui est présenté comme une évidence de tout temps : on ne discute pas avec une organisation terroriste.

Et pourtant la logique et la seule intelligence voudraient que l’on donne un sens à ces morts, que l’on réfléchisse à l’histoire commune de ces deux peuples, ce que l’inconscience, la domination par les passions et les intérêts ponctuels, électoraux ou autres ne permettent malheureusement pas.

- Hamas, organisation terroriste : Elle l’est puisqu’on nous le dit, reconnue comme telle par les États-Unis, l’Union européenne et bien entendu Israël. Elle l’est sans doute puisqu’elle s’est fait connaître auprès de l’opinion publique internationale par ses attentats contre des civils israéliens mais aussi à l’encontre des Palestiniens considérés des traîtres à la cause. Mais un peu de recul nous apprend qu’elle appartient à un mouvement bien ancien du monde arabe, petits-cousins des frères musulmans qui furent historiquement un casse-tête pour les dirigeants égyptiens, avant et après l’indépendance du pays. Légitimité historique donc, même si cela n’est pas un blanc-seing, mais reconnaissance de celle-ci lorsque fut concrètement constitué le Hamas dans la bande de Gaza par le cheikh Ahmed Yassine et que le gouvernement israélien de l’époque, avec d’autres puissances régionales finança pour contrebalancer l’influence du Fatah et son leader Yasser Arafat ! Cruelle ironie pour ceux habitués à la politique du pire qui se transforme souvent en celle de l’arroseur arrosé ou de l’apprenti sorcier. Mais il existe une autre légitimité, celle des paradoxes et des traditions régionales. Il suffit de se projeter dans la Palestine du siècle dernier et de regarder. C’est alors une situation bien complexe. Un mandat britannique, des jeux d’alliances entre les Anglais, les Américains et les divers mouvements sionistes face à une population arabe déchirée, avec ce projet tellement légitime après l’holocauste de créer un État juif. Il n’est pas nécessaire de reprendre point par point la chronologie des faits depuis les années trente jusqu’à la création effective d’Israël en 1948 pour souligner une évidence. Sans la mobilisation de Juifs de Palestine, mais aussi de ceux venant d’Europe depuis le début du siècle fuyant les persécutions, il n’y aurait pas eu d’Etat hébreu. On peut pour s’en convaincre évoquer la politique en 1945 du gouvernement travailliste en Grande-Bretagne qui, malgré ses promesses d’accroître l’émigration juive, fit le contraire, ce qui eut pour conséquence ce qu’on appellerait aujourd’hui le terrorisme. Les dirigeants d’Irgoun, organisation armée sioniste, considérant cette trahison et l’absence de reconnaissance de droits légitimes des juifs à un État se lancèrent alors dans une campagne d’assassinats et de terreur à l’encontre d’officiels anglais mais aussi de civils arabes. Leurs bombes pulvérisèrent des trains, des lieux publics et des clubs fréquentés par des Anglais, certains d’entre eux furent enlevés et exécutés. Dans les années trente, des civils arabes palestiniens furent aussi victimes de leurs attentats et l’on peut évoquer celui du marché arable d’Haïfa le 25 juillet 1938 où l’on dénombra 70 morts…L’Irgoun (dont l’un des chefs était un dénommé Begin qui devint bien des années tard Premier ministre) rentrait tout à fait dans les critères d’une organisation terroriste avec laquelle on ne pouvait négocier et était considérée comme telle.… Puis celle-ci donna naissance au Likoud, parti politique de droite considéré comme acquis aux principes de la démocratie.

Bref ce terrorisme, réaction face à l’intransigeance des grandes puissances, fut déterminant dans ce processus amenant à la création de l’Etat hébreu. Doit-on alors considérer que la violence servie à l’encontre de civils est une condition nécessaire ? Certainement pas mais l’histoire montre que l’on doit regarder de plus près ces mécanismes de déstructuration des êtres et de désespérance qui poussent à faire couler le sang. Il est certain que le Hamas, comme l’Irgoun au cours du siècle dernier, a quelque chose à dire et qu’il convient de l’écouter afin de rentrer dans un processus d’apaisement, de négociation et de pacification.

- Une invasion fautive : les faits sont là. Plus de six cents morts en quelques jours que certains mettent en balance avec la dizaine de victimes israéliennes dues aux roquettes lancées par le Hamas. Mais doit-on mettre en équivalence la souffrance ? Une victime est une victime, sans qu’il soit nécessaire d’appréhender leur nombre en additions comparées. Le problème n’est pas là. La décision du gouvernement israélien de lancer ses avions et ses chars sur une population en proie aux pires difficultés depuis le blocus et sur les troupes du Hamas dépourvues de vrais moyens militaires de défense, apparaît bien sûr démesurée et choquante, mais c’est surtout une faute politique majeure. Cette volonté proclamée d’anéantissement du Hamas, la recherche d’une victoire militaire facile comme s’il fallait gommer la défaite contre le Hezbollah en septembre 2006, va  transformer celui-ci en victime et lui donner toute l’aura nécessaire, balayant ainsi sa mauvaise image dans les consciences internationales et assurant son assise dans le peuple palestinien.

Est-ce là le calcul de ses dirigeants en rompant la trêve pour reprendre ses tirs de roquettes ? En toute hypothèse, c’est un piège et qu’il ait été posé par le Hamas ou par l’absence de vision et de courage politique de l’actuel gouvernement israélien n’a plus d’importance.

- La mobilisation de tous : Israël a été et sera toujours une promesse. Et il convient de le défendre contre ses mauvais génies. Sa ressource est son peuple qu’il ne faut pas confondre avec ses dirigeants. Son aspiration à la paix et à l’amitié entre les peuples est réelle, suffisante pour imposer ce qui peut paraître le bon sens : laisser le peuple palestinien décider de son avenir par la création d’un État viable et solide dans des frontières reconnues. De tous temps, ce furent ces aspirations-là qui portèrent les coups fatals aux plus cruels conflits et à l’oppression car l’on peut dire qu’il n’y aurait pas eu en France de général de Gaulle imposant l’indépendance et la paix en Algérie sans la conscience libératrice du peuple français. Il ne faut donc pas craindre d’être pro-peuple israélien, défendre son esprit d’émancipation dont on sait qu’il fut aussi porté par ce terrorisme du siècle dernier, se battre dans le même temps pour que les organisations comme le Hamas dont s’est doté le peuple palestinien, quelque soit le regard porté sur son idéologie mais l’histoire a montré que ce sont souvent des cosmétiques dont on se débarrasse le temps voulu, soient reconnues comme telles et que l’on négocie avec elles sans préavis ni condition. C’est cette mobilisation-là qui est nécessaire. Un jour viendra où une paix durable lavera le sang de toutes ces victimes en donnant un sens à leur mort. Faisons en sorte que cela soit le plus tôt possible.

Cambodge, l’Ambassade…

J’ai reçu des demandes de la part de lecteurs concernant mon précédent livre ” L’Ambassade ” dont l’action se situe au Cambodge actuel mais aussi à l’époque de la prise de pouvoir par les khmers rouges et en particulier le siège de l’ambassade de France en avril 1975 au  cours duquel des événements mettant en cause le gouvernement français de l’époque ont suscité la mort dans d’atroces conditions de réfugiés politiques… Ce livre est disponible chez l’éditeur (L’harmattan), dans les librairies et sur les sites marchands (Alapage, etc…) Pour plus d’infos, je recommande de jeter un oeil sur le débat assez hallucinant dans un forum de discussion où il est prouvé que l’on peut discuter d’un livre sans l’avoir lu avec de violentes attaques quasi diffamatoires me concernant (sauf pour l’un des participants qui en a fait un juste critique -du livre- après 3 mois de débats…) mais avec des contributions sur le thème du roman assez intéressantes : Cliquez sur Forum

Kouchner : des mots qu’il n’a pas le droit de prononcer !

Il l’a dit ! Le refus de la junte birmane d’accepter l’aide internationale pour les innombrables victimes civiles de l’ouragan est un crime contre l’humanité. C’est vrai, même si ce crime est constant depuis plusieurs décennies… De même que pour tous crimes il y a souvent des complices. Permettre le versement chaque année de plusieurs centaines de millions de dollars entre les mains de ces criminels, avoir accepté l’esclavage et demander l’intervention des armes pour nettoyer des zones de résistances sont des actes qui vont malheureusement au delà d’une complicité passive. J’évoque bien sûr Total le flambeau de notre industrie pétrolière et le blanc-seing que Bernard Kouchner, en 2003 par son rapport commandité par cette compagnie au sujet de sa responsabilité dans les graves violations des droits lors de la construction du gazoduc et qui lui fut grassement payé… Il est vrai qu’à l’époque il était chômage et que le “droit-de-l’hommisme” est devenu un fonds de commerce comme un autre. Le concernant, la question se pose de savoir s’il a encore le droit de s’émouvoir sur la tragédie d’un peuple… (article publié dans mon précédent blog en mai 2008)

Entretien avec Laurent Monserrat, journaliste

Cet entretien a été réalisé cet été 2008 avec Laurent Monserrat, journaliste. Sont évoqués la situation en Birmanie, la présence de Total et les thèmes développés dans le livre ” Réchauffement Climatique ”


Jean-Philippe Demont-Pierot sur Yahoo! Vidéo

L’Humanité : “Les requins de l’écologie” le roman Réchauffement Climatique de J.P.Demont-Pierot

J’ai lu ce jour cet article de l’Huma paru le 21 juin concernant le roman, avec en sous-titre ” les requins de l’écologie ” et le donne en lecture ici :

” On peut lire cet ouvrage comme une histoire policière fidèle aux règles du genre : intrigue à rebondissements, exotisme, violence, désir. Des personnages emblématiques, journalistes intrépides et sans faiblesses, une brochette d’hommes d’affaires à la morale chancelante, sur fond de grand marché mondial de l’écologie, des victimes qui se comptent par millions : populations déplacées, pourchassées, spoliées, réduites au silence quand ce n’est pas au travail forcé ou à la prostitution. L’aventure rejoint la tragédie, et la vérité dépasse la fiction. On est en Birmanie, et ceux qui tirent les ficelles sont les compagnies pétrolières, Total…, les marchands d’armes, les militaires et l’argent, beaucoup d’argent, qui, comme on sait, est le nerf de la guerre à Paris, Genève ou New York. Tout le monde, néanmoins, n’est pas à vendre. Certains résistent, des solidarités se nouent et sont parfois victorieuses ” Lucien Degoy (article paru en juin 2008 dans l’Huma)

Digne-les-bains : Conférence-Débat sur le roman “Réchauffement climatique ” animé par Martine Vallon, présidente de l’UDVN

Je donne en lecture cet article rédigé par Katy Cantagrel, journaliste de la presse régionale PACA, qui a bien saisi la problématique, celle d’une certaine façon, du personnage principal du roman, Nicolas Renan, mais aussi des hommes de bonne volonté…

Lire l’article

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