Election européenne : le parti socialiste poursuit son enlisement

Ecrit par Laurent Monserrat on juin 7th, 2009 dans la categorie Politique. Suivre les commentaires pour cet article par RSS 2.0. Laissez un commentaire ou faites un lien vers cet article

FRANCE-EUROPEENNES-AUBRY-20090529Vincent Peillon, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans cette déculottée prise par le parti socialiste, a très bien résumé la situation en déclarant : «C’est une forme de 21 avril 2002 pour les européennes». La défaite est lourde pour le parti de Martine Aubry qui n’aura pas su monter au créneau pour dénoncer la politique libérale défendue par Sarkozy comme la principale cause de la crise financière.

L’histoire leur avait pourtant offert l’opportunité de racheter leur soutien en faveur de la ratification du Traité européen. Mais hormis de ridicules batailles internes, il ne se sera rien passé. Le PS a laissé la lutte des idées aux autres partis, préférant sans doute devenir une succursale de l’UMP où Nicolas Sarkozy fait son marché pour élaborer un gouvernement prétendument « d’ouverture » et détruire toute identité socialiste.

Pierre Moscovici a appelé Martine Aubry à prendre des « initiatives fortes pour redevenir une force d’alternance ». « Très bien, Pierre, mais que proposes-tu ?  », pourrait-on rétorquer à ce socialiste qui a attendu la défaite pour cracher sa colère. La lutte des classes a été abandonnée au parti d’Olivier Besancenot, l’écologie à Cohn-Bendit et la politique internationale à Bernard Kouchner… « Il faut tout bousculer », a surenchéri Moscovici visiblement très en colère devant les apparatchiks du PS qui se sont endormis sur leurs beaux salaires.

Sarkozy écrit l’histoire, en manipulant Jaurès, et en dévoyant une opposition qui ne demande que cela. Il a le vent en poupe pour aborder la prochaine présidentielle et fort de cette première victoire, même relative au regard du taux d’abstention de 59,5%, Nicolas Sarkozy peut commencer à bâtir sa campagne autour d’une image de leader, mais cette fois européen. Il n’en demandait pas tant !

Laurent Monserrat

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14 Commentaires for “Election européenne : le parti socialiste poursuit son enlisement”

  1. Jacqueline dit :

    Le parti socialiste ne ressemble a rien si ce n’est a un parti qui ne reconnait plus ses anciennes valeurs.

  2. La râleuse dit :

    Que le Parti Socialiste fasse un bon score, voilà ce qui aurait été surprenant.
    Je suis même persuadée qu’il n’aurait pas mieux fait que le Modem si Bayrou n’avait été l’auteur d’une prestation aussi lamentable lors de l’émission présentée par Arlette Chabot.
    Que propose le Parti Socialiste aux français hormis ses petites guéguerres niaiseuses ?
    Et Ségolène Royale – qui n’en finit pas de délirer en se prenant pour la Jehanne d’Arc du XXIième siècle – est, à mon avis, tout autant responsable que Vincent Peillon du désamour des français pour un Parti replié sur lui-même.
    Le constat, c’est que tout les déçus d’un « parti dans les limbes » ont eu l’intelligence de voter pour Europe Écologie.
    Le constat, c’est que les français ne sont pas les crétins que s’imaginent tous ces politicards. La preuve en est qu’ils n’ont pas confondu élections européennes avec élections nationales et qu’ils n’ont pas oublié que Nicolas Sarkozy, détestable président pour la France a été un remarquable président de l’Union Européenne, d’où la victoire incontestable de l’UMP.

  3. Dominique de La Tour dit :

    Il faut même se réjouir de ce score socialiste qui montre que les Français savent récompenser l’inaction ; que dis-je ? Couronner comme il se doit la curée du PS accomplie par la meute pathétique des ses propres dirigeants… Ce qui est accablant – surtout ceux qui, comme moi, sont des partisans indéfectibles de la proportionnelle absolue (on est démocrate ou on est oligarque : il n’y a pas de moyen terme !) ; ce qui est accablant, c’est ce taux lamentable de participation alors que, pour une fois, chacun avait la possibilité de faire siéger un observateur conforme à ses opinions voire ses goûts… et la moitié des inscrits (je ne parle pas des innombrables qui n’ont jamais eu leur carte d’électeur) a indiqué qu’il s’en foutait ! Personnellement, je ne voterai jamais aux législatives tant que ce tripatouillage ne permettra pas de donner à l’assemblée un reflet REEL de l’opinion française (Le Pen au 2e tour, et zéro représentant à l’assemblée ? Même si Le Pen n’est pas ma tasse de thé, de qui se moque-t-on ?). Mais quand je vois ce taux de participation aux européennes, j’ai vraiment des doutes.

  4. Jacqueline dit :

    On peut il est vrai s’interroger sur la validite d’une election ou plus de la moitie des inscrits refusent de se deplacer. Heureusement que l’UMP pretend se a jouer modeste.

  5. hans dit :

    Taux d’abstention des 18-35 ans: 81%! que dire de plus?

  6. Il y a effectivement un problème de légitimité quand plus de la moitié des électeurs refusent de se déplacer.

    Concernant la défaite de la gauche, on peut aussi considérer qu’elle soit salvatrice pour la nécessaire reconstruction de ce parti qui a sacrifié ses idéaux sur l’autel du capitalisme.

  7. Dominique de La Tour dit :

    Dans la moindre association de dégustateurs d’andouillettes ou de propriétaires de caniches-nains, il y a une condition qui s’appelle le quorum… Comment concevoir qu’il n’y ait pas, aussi, une participation minimale pour valider des institutions aussi sérieuses ? La réponse est peut-être dans la question : les institutions européennes ne sont pas sérieuses du tout ! Et tout le monde sait que la majeure partie des décisions est prise, de fait, par des technocrates parés du titre d’expert ! Tandis que d’autres sont prises à l’improbable unanimité des pays. Y a-t-il plus grand écart qu’on puisse concevoir dans la logique institutionnelle ? Mais ce grand écart favorise, les Français le savent, les vrais détenteurs du pouvoir à Bruxelles – les lobbyistes. Qu’on se souveienne des amendements de lois sur les OGM, rdigés par les services juridiques… de Monsanto ! J’ai voté, mais je comprend qu’on ne vote plus…

  8. Dominique de La Tour dit :

    Concernant l’aspect salvateur, comme tu le dis, Laurent, de la défaite de la gauche (à vrai dire, je dirais plutôt la défaite du PS), concernant cet aspect salvateur, je n’y crois polus du tout. En 2007, soyons clair, j’ai voté Jospin. Mais quand j’ai vu Le Pen au second tour, je n’ai pas pu contenir ma joie : « Le coup de pied au cul ! Enfin, avec cette catastrophe, ils vont renouer avec une vraie politique de gauche, qui mobilise les gens, tourner le dos à cette politique à la normande des années Mitterrand’. Je me suis bien fourré le doigt dnas l’oeil ! Aucune réaction, à part aller voter comme un seul homme pour Chirac (pour être clair aussi, j’ai voté blanc : arithmétiquement, Le Pen ne POUVAIT PAS passer au second tour, et hors de question de faire un pont de voix à Chirac). Mais le PS n’a retenu aucune leçon, ne cessant de s’éloigner du socialisme. et qu’appuyer Chirac n’avait pas ouvert la voie à une vraie coalition. De coalition, il faudra se contenter des transfugations pathétiques façon Kouchner…

  9. Bonjour Dominique,

    J’ai quand même envie de croire à une réaction de la part du PS. En tout cas, on se doit d’espérer car la démocratie nécessite une force d’opposition et non un consensus sur à peu près tous les sujets.

    Le PS a abandonné la philosophie des barricades au profit d’une prétendue dialectique entre ces cadres dirigeants et on peut voir où nous en sommes.

    Malgré son immense intégrité, Jospin avait initié un mouvement vers une gauche beaucoup plus libérale et son abandon des classes ouvrières lui aura couté l’élection présidentielle. Il faut absolument que la gauche retrouve son génie colérique pour reprendre l’expression de Michel Onfray, une indignation réelle devant les grands thèmes sociaux.

    Bien à toi,

    Laurent

  10. Dominique de La Tour dit :

    Laurent, je partage totalement ton analyse sur Jospin. Comme beaucoup, j’ai voté pour lui parce qu’il semblait le seul candidat plausible contre Chirac – avec le bonus d’une rencontre avec lui, brève, certes, mais suffisante pour me laisser le sentiment d’une honnêteté indiscutable. J’ai aussi apprécié son désaccord courageux (à l’époque, c’était un crime de critiquer « Tonton », qui venait de mourir) avec ce que le mitterrandisme avait de plus détestable. Candidat plausible, certes, mais pas idéal !

    Génie colérique : oui, l’expression est heureuse. Mais ce n’est pas le PS qui le produira, ni Besancenot : c’est nous qui le produirons ou ne le produirons pas, selon que nous comprendrons ou ne comprendrons pas que nous entrons dans une tyrannie sourde, avec destruction des acquis sociaux, contrôle quasi-total des organes de presse, castration des contre-pouvoir, pressions et répressions policières aux franges de la légalité (l’affaire du journaliste des Libé Vittorio de Filippis, l’arrestation de Julien Coupat, l’affaire de « Hou la menteuse ! »). Avec les deux attitudes typiques qui ont présidé à la montée de totues les tyrannies : e peureux « Qu’est-ce qu’on peut y faire ? », et le facile : »On ne fait qu’obéir aux ordres ». Si cela ne fait pas monter notre « génie colérique », eh bien, rampons !

  11. Truth dit :

    Ils sont quand même nombreux à attendre un leader ! C’est bien le problème au parti socialiste, c’est qu’il manque un leader avec tous les dangers que ce mot peut signifier en matière politique.

  12. Truth dit :

    Manuel Valls se propose de conduire le parti socialiste en lui enlevant son nom, son empreinte dans l’histoire. D’après lui le mot socialiste n’a plus de sens aujourd’hui. Peut-être pour lui qui n’est socialiste que pour la posture politique, mais beaucoup le mot socialiste a encore une respiration pleine d’espoir.

  13. Bonjour Truth,

    Volontaires ou pas, les déclarations du mairie d’Evry sont plus que maladroites. Car elles viennent raviver le malaise des cités sans pourtant offrir de solutions.

  14. Truth dit :

    Ses propos sur les noirs m’ont rappelés les provocations de Le Pen. Tout est fait pour que l’on parle de lui et de surcroit cela va dans le sens du discours de la droite. Il n’y a qu’à voir le soutien dont il bénéficie dans les rangs du gouvernement avec le dernier en date, celui de Copé : « un cri du coeur » selon le maire de Meaux.

    Valls tient un blog dans lequel il prétend incarner « l’optimisme ». Je parlerais plutôt d’arrivisme destructeur.

    http://www.valls.fr/

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