Le jour se lève et se referme sur la terre des oliviers. Le jour se tourne comme une page enluminée par la terre, l’eau, les oliviers et les souvenirs, puis la nuit survient éclairée par les explosions. Au réveil, des figures défilent dans ce livre, qu’elles soient israéliennes ou palestiniennes, elles portent le même deuil. Qui sont-ils, à mourir, à vivre entre le jour et la nuit, qui sont ceux qui espèrent, ceux qui agissent pour la paix ?
Frédéric Laffont filme avec les mots, des acteurs dont nous connaissons trop bien les images, et nous transporte par-delà la pellicule pour ressentir ces instants de vie. Qui donc est ce jeteur de pierres, cet enfant qui a fait le tour du monde pour avoir osé affronter un char ? Savons-nous que sa mère le récupérait violemment sur les lignes, que son père le fessait pour qu’il n’y retourne plus ? D’ailleurs, l’avait-il fessé avant qu’une balle ne le fauche ?
La nuit emporte l’enfant et le jour se lève pourtant avec espoir sur le portrait magnifique de ce rabbin qui traverse le front pour aller replanter les oliviers que l’armée israélienne a rasés. Qui sont ceux qui décident, de ne jamais cesser de coloniser, de laisser les bombes anéantir la vie ? Ils sont absents du livre, parce qu’ils ne subissent pas ce brasier, au contraire ils le maintiennent comme une source volcanique à laquelle ils s’abreuvent.
On se plaît à espérer qu’un tableau de Chagall pourrait donner la paix ou l’envie de celle-ci. Mais l’Art est-il suffisant, un livre le peut-il ? En tout cas, le livre de Frédéric Laffont contribue à nous faire espérer que la vie l’emportera sans même que la nuit et le jour s’en soient rendus compte.
Laurent Monserrat
- Israël Palestine mille et un jours mille une nuits est publié aux éditions Arléa
- Site Internet de Frédéric Laffont
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