Julien Coupat : « Ce romantisme de Tarnac qu’on a jeté en prison » par Arnaud Montebourg

Ecrit par admin on juin 1st, 2009 dans la categorie Justice, Société. Suivre les commentaires pour cet article par RSS 2.0. Laissez un commentaire ou faites un lien vers cet article

julien-coupatDes adultes qui intellectualisent le juste dégoût que leur procure la société, des jeunes hommes et des jeunes femmes qui critiquent le monde dans une radicalité pacifique, des êtres qui décident de vivre selon leurs idéaux, voilà ceux que la justice politisée du régime a décidé de construire en coupables par avance.

Une affaire obscure de dégradation de caténaires de TGV, dont chacun ne peut qu’admettre qu’elle ne pouvait causer aucun autre trouble que celui d’endommager quelques pantographes de trains, sans jamais risquer la vie de quiconque, voilà ce que la justice aux ordres de la ministre de l’Intérieur a eu le ridicule de qualifier de terrorisme.

Il s’agissait d’inquiéter le pays en créant de toutes pièces et avec des grosses ficelles un ennemi politique imaginaire, « l’ultra gauche », reformulation contemporaine du bolchevique rouge vif au couteau entre les dents, lequel allait s’en prendre à vous, braves et honnêtes gens de France.

Mais pour faire exister un ennemi qui n’existe pas, il fallait impressionner l’opinion en accusant a priori et à tort Julien Coupat et ses amis, en déployant des moyens de police démesurés pour prouver ce qui n’a pas pu être prouvé. Il fallait surtout trouver des juges soumis au pouvoir et dociles comme des agneaux qui acceptent de commettre la plus grave des injustices, la plus grossière des forfaitures : incarcérer sans preuve ces jeunes gens qu’ils savaient innocents.

Monter un dossier judiciaire de toutes pièces avec des abus procéduraux en tous genres à la clef, pour pouvoir faire de la politicaillerie à la petite semaine, voilà ce dont est capable le régime sarkozyste.

La porte est maintenant ouverte aux manipulations judiciaires les plus dangereuses, parce qu’arbitraires, surtout depuis que le pouvoir a pris possession du troisième pouvoir, en organisant la soumission méthodique des juges. Des citoyens innocents pourront être jetés en prison pour permettre au pouvoir de faire ses démonstrations politiques. La confusion entre la justice et la politique est un danger que ce régime fait courir à la République.

Julien Coupat, le romantique de Tarnac, coupable de ce qu’il pensait et de ce qu’il avait dans la tête, plutôt que de ce qu’il a fait, symbolise désormais la victime des abus judiciaires du régime. Maintenant qu’il est enfin libre, et que la justice a relâché ce prétendu dangereux terroriste, il va falloir que la ministre de l’Interieur s’explique sérieusement sur la manipulation à laquelle elle a honteusement prêté sa main, et qui a conduit à priver de liberté ces jeunes gens.

Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n’importe quel pays démocratique cela vaut une démission.

Arnaud Montebourg
, Député de Saône et Loire

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1 Commentaire for “Julien Coupat : « Ce romantisme de Tarnac qu’on a jeté en prison » par Arnaud Montebourg”

  1. Dominique de La Tour dit :

    Oui, cela vaut une démission, comme vaut une démission la manière dont Nadine Morano a nié l’évidence de sa mascarade par des théories fumeuses (ou pluvieuses), a mobilisé à des fins de surveillance des fonctionnaires que nous payons avec nos impôts. Aux Etats-Unis, ces deux-là auraient déjà sauté ! en tout cas, il en aurait été bigrement question… Mais ils ont raison, notre passivité à vous, à moi, leur donne raison… Jusqu’où ira-t-on dans l’abus de pouvoir ? La réponse à la prochaine affaire.

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