Mille millions de mille milliards de mille trillons de mille dollars!

Ecrit par Sadri Slim Cohen on mai 16th, 2009 dans la categorie Politique. Suivre les commentaires pour cet article par RSS 2.0. Laissez un commentaire ou faites un lien vers cet article

monnaie-de-singeC´est désormais entendu. Le capitaine Haddock appartient à un autre siècle. Il lui manque trois zéros pour être d´actualité. Son «mille milliards de mille millions de mille sabords» est obsolète. Une nouvelle unité est en train de prendre place : le TRILLION. Trions tout ça, soit en chiffres: 1 000 000 000 000. Ça fait combien en ancien francs j´aurai demandé (pour rigoler) à ma grand-mère ? «Ouuh, beaucoup mon chéri», beaucoup trop pour en prendre conscience. C´est donc ça. On nous assène ces chiffres dans l´espoir qu´il soit impossible d´en prendre la mesure. Total, les 10 milliards par ci et autres 26 milliards par là, c´est du pipi de chat… Pas de quoi le fouetter non plus, quand on les compare aux bonus (sic) qui restent évalués en millions. Sauf que le PIB mondial n´en compte que 45. Eh oui, 45 mille milliards de dollars, c´est ce que représente la production mondiale annuelle.

Aux Etats-Unis, le Plan de relance s´élève à 1,2 trillions de USD (déjà 2,3 selon certains); en Chine, 4 trillions de renminbis (soit 580 milliards de USD); au Japon, 37 trillions de yens. J´arrête là les conversions, elles me donnent la nausée, quand je les rapporte aux 82 milliards de dollars qu´il faudrait, selon les Nations Unies, pendant 5 ans (soit 410 milliards, ou encore 0,4 trillions) pour éliminer la faim dans le monde…. Pareil pour les 683,725 trillions de dollars de produits dérivés spéculatifs, dont  57,385 trillions de credit default swaps (soit 7% qui jouent la faillite d´autrui). Une autre unité de mesure est aujourd´hui à la mode: le kerviel soit 5 milliards. La Société Générale a donc perdu 2 kerviels, plus celui de base.

Mais bon, «tout ça c´est polémique» comme le dit notre épicier en chef Erick Woerth, parlons de choses sérieuses. Les conséquences de tout cet argent injecté pour fluidifier (sic) des circuits encrassés par le «toujours plus». Mais plus de quoi ? Parce que ce qu´il se passe aujourd´hui est en fait une grande évaporation. Après le sacrifice des poulets, des vaches et cochons, voilà qu´on se met à faire disparaitre de la valeur. Pouf-pouf et puis c´est tout. Carlos Slim l´a senti passer. De 65 milliards de dollars, voilà qu´il ne lui en reste plus que 35. Le pauvre. Et c´est pas fini… donc, pas de problème, on en rajoute. Qui n´en veut des milliards ?

Sauf qu´il faudra bien passer à la caisse un jour ou l´autre. Pour l´instant, on parie sur la future génération en laissant plonger la dette. Encore une fois c´est méconnaître les principes de base de l´économie. Un vrai paradoxe pour les tenants de la théorie quantitative de la monnaie. A produire de la monnaie on en déprécie sa valeur, en partant d´un principe simple: tout ce qui est rare est cher. Autrement dit, on fabrique de la monnaie de singe. Monkey business disent les américains. Résultat obligé l´inflation ; pardon, l´hyperinflation comme au Zimbabwe. Total, pour accélérer la vitesse de circulation de la monnaie une seule solution: la monnaie avec date de péremption…. Je sais, c´est nouveau, ça vient de sortir.

Une nouvelle bulle est en train de gonfler, la bulle monétaire, beaucoup plus grosse que toutes les précédentes. Son éclatement éclaboussera tout le monde, même les pauvres ! Après la déflation, qu´on essaye de nous faire passer maintenant comme la solution à la question du pouvoir d´achat, l´hyper-stagflation nous ramènera à la réalité.

Qui veut gagner des Trillions ? Un conseil : investissez dans une brouette, elle vous servira pour aller acheter votre baguette !!

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6 Commentaires for “Mille millions de mille milliards de mille trillons de mille dollars!”

  1. hans dit :

    Ne pas oublier qu’un Madoff= 10 Kerviel!
    Plus sérieusement, le passif des banques va nous exploser à la figure…

  2. Truth dit :

    Un article d’Aternativ’eco portait sur le problème de la dévaluation de la monnaie et comparait la situation à ce qu’avait vécu les Allemands entre les deux guerres.

    Là où j’ai quand un même un doute c’est sur la valeur première de cet argent. Le capitalisme se fonde avant tout sur un camion vide comme le raconte assez bien cette petite blague du sentier : « un juif achète un camion de vêtements et le revend le double à un autre juif qui décide à son tour de faire une plus-value en le vendant quatre fois le prix. Le dernier acheteur se dit qu’il va le revendre dix fois le prix mais avant il ouvre le camion et se rend compte qu’il est vide ».

    Arrête-moi si je me trompe mais cette petite histoire résume assez bien ce qu’est une bulle financière : du vent en quelque sorte.

    Je vois mal cette crise financière faire s’effondrer toutes les économies occidentales sachant que tout fonctionne autour d’une valeur qui n’est pas réelle.

    Continuons à jouer le jeu tant que nous avons des pauvres à soumettre semble dire nos dirigeants.

  3. sadri dit :

    j´en ai une bonne….
    Mme. Guylaine a une buvette à Loctudy, dans les Côtes d’Armor. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques et presque tous au chômage de longue durée.
    Vu qu’elle vend à crédit, Mme. Guylaine voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du « chouchen » et du ballon de rouge.
    Sur ce, le jeune et dynamique directeur de l’agence bancaire locale, M. Erwann, pense que les « ardoises » du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Guylaine, ayant les ardoises des ivrognes comme garantie.
    Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SMS, SOS et autres sigles financiers que nul n’est capable de comprendre.
    Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Guylaine).
    Ces « dérivés » sont alors négociés pendant des années comme s’il s’agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays jusqu’au jour où quelqu’un se rend compte que les alcoolos du troquet de Loctudy n’ont pas un rond pour payer leurs dettes.
    La buvette de Mme. Guylaine fait faillite, elle se barre avec un jeune pêcheur irlandais, et le monde entier l’a dans le baba…..

  4. Hans Lefebvre dit :

    Et les alcooliques changent de boutique!

  5. Jacqueline dit :

    D’apres moi la meilleure blague, c’est quand meme Sarkozy a la tete de la France. Qui aurait cru qu’un guignol pareil puisse etre elu president? Je sens que je viens de casser l’ambiance.

  6. Maryam. dit :

    Salut Jo,
    moi je suis pas du tout économiste plutôt ethnologue dans l’âme et de formation, alors vous lire ici est passionnant, même si je ne suis que très approximativement…
    Pour l’anecdote quand j’étais petite, en vacances à Téhéran chez les grands-parents on regardait Steeve Austin et ses aventures bioniques, en iranien évidement. C’était hilarant dans le contexte.
    Il s’appellait l’homme qui vallait 6millions de dollars, alors quand on m’a parlé ici de l’homme qui valait 3milliards j’ai pensé que
    1.tout est relatif, surtout la valeurs marchande des choses,
    2.on ne vit pas tous sur la même planète,
    3.ces chiffres sont si faramineux que finalement je ne retiendrai jamais la valeurs de ce qui excède 3000francs (je pousse jusqu’à 3000€ mais pas plus).

    Je ne suis pas capable d’imaginer « un trillion », même quand tu me l’écris en chiffres j’ai du mal à en compter les zeros… je crois que ce qui matériellement dépasse l’échelle humaine est difficilement apadaté à notre réalité…

    Bises.

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