Paccalet, le retour ! et cette fois encore il n’est pas content. Ultra-pessimiste sur l’avenir de la planète et plus que jamais ironique à l’égard du genre humain, il lance un dernier cri de désespoir en forme, cette fois, d’utopie.
Après la publication retentissante de L’Humanité disparaîtra, bon débarras, livre dans lequel Paccalet suggérait que « nous dévorions nos bébés » et qualifiait l’être humain de « cancer de la planète », dans ce nouvel opus, Sortie de secours, notre ancien compagnon de l’équipe Cousteau saigne à blanc l’Homo sapiens et en profite pour étaler le peu de sagesse qui habite dans ce « cancrelat avide et superstitieux ».
Paccalet n’a pas perdu de son mordant et dissèque les ferments de nos sociétés pour mieux les vider à la face du lecteur. Dans son précédent ouvrage, l’auteur exposait dans toute son horreur le produit des viscères humaines et nous laissaient pour le moins groggy. Et cette fois, aussi surprenant que ce soit, Paccalet prétend qu’une « sortie de secours », serait encore envisageable !
On s’étonne tout de même que l’auteur envisage un bel horizon d’avenir pour la planète, après avoir affiché tant de dégoût pour l’homme, ce descendant du singe qui, à ses yeux, procède plutôt « des amours de la guenon lubrique et du marquis de Sade ». Mais selon la logique d’Yves Paccalet, toutes ses propositions s’apparentent finalement à l’hypothèse méthodique rousseauiste.
D’ailleurs, comment l’être humain pourrait-il « réfréner ses pulsions de territoires », ne plus « pointer son fusil », « brandir sa machette » et ne plus donner naissance à d’autres « führer » ? Comment imaginer un seul instant l’ONU rééquilibrant les économies du monde » pour « combattre la misère », répartissant les « ressources en eau, en énergie, en métaux, en bois… », ordonnant la « décroissance dans les pays riches », autorisant « une croissance modérée dans les pays pauvres », et s’occupant de combattre « les grandes épidémies » qui ravagent ces terres si lointaines que le monde les regarde à peine ?
Au vu de la prétendue évolution de l’être humain, le scénario semble invraisemblable. Mais après tout, pour que nos dirigeants choisissent de mener une politique écologique et favorisent le développement durable, le commerce équitable, sans doute faut-il, comme Yves Paccalet, poser cette formule hypothétique en guise de pierre angulaire : « supposons que nous y sommes déjà », et peut-être commencerons-nous par y croire nous-mêmes…
Laurent Monserrat
- Ancien compagnon de l’équipe Cousteau, Yves Paccalet est philosphe et président de l’ONG environnemental Green Cross.

- « Sortie de secours » et « l’Humanité disparaîtra, bon débarras » ont été publié aux éditions Arthaud
- Blog d’Yves Paccalet
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